De l’Arbre à L’objet, une table basse


Bonjour,

Cette fois c’est sur, j’aime travailler le bois!

Ce n’est pas très vieux en tout cas. Cela a commencé par un caisson simple, puis un autre avec des étagères, puis un corps de ruche, une hausse…L’outillage a évolué en fonction des projets. Le choix des matériaux également.

Me voilà à présent avec l’envie de réaliser un vrai meuble. Pas un truc de chez IK**, Non, un truc durable, avec un toucher soyeux. Pas non plus un truc rococo trouver dans un vide grenier pour 5 euros; le genre de truc qui font souvent dire aux jeunes « j’aime pas le bois! ».Nous n’avions pas encore de table basse dans le salon. C’est une bonne occasion.

Notre salon est assez petit, aussi nous retenons comme dimensions : 80 x 49 cm pour le plateau et 38 cm de hauteur. Coupe et finition moderne impérative!

Le point de départ est une photo trouvé sur Internet. Je n’ai pas de côte ni de plan précis.

Je me suis donc mis à la tâche…

Attention, ce qui suit n’est pas une recette, mais le compte rendu d’un menuisier amateur et débutant.
Nul doute, que bien des actions auraient pu être entreprissent autrement, avec plus d’efficacité et de sécurité.

Il m’est arrivé parfois des petites mésaventures, plutôt que de les cacher,
je les livres tel quel en essayant de les analyser pour ne pas les reproduire et pour rappeler à tous que tous ces outils coupant sont potentiellement dangereux.

Évidemment je suis preneur de tous vos commentaires!

Il y a également quelques termes spécifiques à la menuiserie, google peut vous renseigner.

La matière première est un plot (tronc) de poirier. Dimension, environ 1500 mm de long.
Deux plateaux de 30 mm (dont un vraiment étroit), deux plateaux de 60 mm.
Abattu en 1990. Assez fendu. Voilé. Attaqué par des larves xylophages.

Le bois est gris, ce n’est pas le plus beau de ma pile de vieux plateaux.
Le tronc me parait complet. Il faut bien commencer par quelque chose.

A ce moment du projet, je ne connais pas l’essence précise, et les forums n’ont été d’aucun secours.

Première étape : le délignage.

Pour ce travail, j’utilise une lame de 12 dents spéciale délignage.

Les plateaux de 60 mm dépassent la capacité de ma scie circulaire.

Je procéderais par retournement après report du tracé. Voilà pour la théorie.

Dans la pratique c’est assez différent. Les plateaux sont voilés. Le rail n’a pas d’appui stable et
l’équerre ne m’est d’aucune utilité pour rabattre le tracé.

Les traits de scie ne correspondent pas (rien n’est droit!); Je fais au mieux.

Avant toute action je réfléchis à la sécurité. Malgré mes précautions la scie rebondit; c’est la pièce de guidage du tuyau qui fera office d’amortisseur.
Cette dernière vole en éclat…

Les raisons, la pièce est à peine plus grande que le rail 1400 et je n’ai pas abouté le plateau (retiré les bouts, souvent fendu, inutilisable). La lame descendra au max de la capacité de la scie, et je suis contraint de démarrer en plongé.
Evidemment la butée anti retour n’est pas avec moi sur le chantier.

Une fois cela acquis, l’autre plateau de 60, et les plateaux de 30 mm n’ont posé aucun souci.

En résumé, traçage, aboutage, délignage de l’aubier, délignage des pièces.

Me voilà avec deux morceaux contenant chacun « environ » trois pieds.

Le tronçonnage fin sera fait plus tard sur la table de travail avec une lame adaptée.

Deuxième étape : le dégauchissage/rabotage.

Je repère le sens des fibres, je dégauchis une face, un chant.
Puis je rabote l’autre chant et l’autre face. Les deux morceaux à la suite pour avoir une épaisseur identique.

Les pièces sortent à 46 mm d’épaisseur.

Pour les traverses, j’utilise un des plateaux de 30 mm. J’ai pris un peu de retard sur mon planning estimé de la journée (délignage et rabotage).
Je décide de faire un peu comme pour les pieds, un morceau qui en contiendrait plusieurs (un reste de mon travail sur du panneau).

Mes fers sont affutés depuis peu. Ils ne rechignent pas à me rendre cette planche tout lisse et douce.
Résultat, une épaisseur de 15 mm…

Un peu juste. Pas de solution pour le moment, j’en trouverais une plus tard.

Mise à format du piétement.

L’épaisseur est de 46 mm. Trop fin pour des pieds carrés.

Ils seront donc rectangle, avec au moins 60 mm pour le plus grand côté; dixit madame.

Tronçonnage sur le nouvel établi…
Résultat six jolies pieds! Ils plaisent à madame.
Petit souci, un faux équerre non négligeable!

La raison, mon montage me garantissait bien la parallèle au rail de guidage et la constance du grand côté mais pas la perpendicularité de la scie!
En effet, le contact rail de guidage / bois était fait que sur l’alu et non sur les bandes antidérapante.
Ce qui induisait une légère flexion qui conjugué à la hauteur de coupe donne ce faux équerre.

Correction, deux cales identique pour soutenir le rail + étalonnage de la scie avec la lame sortie complètement.
Peut-être est-elle mal réglée? Coupant que de faibles épaisseurs je ne l’avais peut être pas vu avant?

Voilà six jolis pieds.

Je tronçonne deux grandes traverses, et deux petites.

Je choisi quatre pieds et j’établis le piètement.

L’assemblage est fait avec des domino de 6 x 40 mm, je me sert de la petite butée intégrée pour fraiser les trous.

Assemblage à blanc. C’est pas mal.

L’assemblage du piètement est à fleur. Je souhaite un petit chanfrein à 45° pour souligner le changement de direction des fibres.
Ce dernier est très léger.

Presque rien à signaler, si ce n’est que le roulement tombe dans le trou du domino.
La prochaine fois, moulure puis fraisage…

Je fais attention pour les trois autres traverses et laisse la première en l’état.
C’est peu visible et cela s’ajoute aux centaines de petits défauts de ci de là…

Le piétement est prêt pour le collage.

Des bois, sont placés en bas du piètement pour conserver l’équerrage.

Ils ont la même dimension que les traverses, moins un tout petit quelque chose.

Le serrage est effectué avec deux sangles donnée pour 500N de force (50kg), je ne sais pas si c’est suffisant, la colle ressort, il y a quand même une certaine tension.

L’équerrage est bon. Je laisse sécher 24h.

Mes traverses sont trop fines. Finalement je décide d’y adjoindre des renforts, il reste un peu de bois suite à la réalisation du plateau.

Il est peu plus abimé. Même si on ne le verra pas. Il a droit au même soin que le bois visible.

Même épaisseur, longueur et largeur pour chaque groupes de traverses.
Je me sers des cales de collage pour avoir la bonne côte.

Les renforts rentrent légèrement en force. Le piétement est tourné sur une surface plane et les renforts sont collés.
J’ai l’assurance qu’ils ne seront pas plus hauts que le piétement.

Au démoulage, ça y est le piétement m’inspire vraiment confiance.

J’utilise les cales de dressage avec une fraise de 19mm pour faire une feuillure sur le haut du piètement.
Dimension 3 mm par 3 mm.

Je prépare ensuite 8 taquets pour fixer le piétement.

Des domino de 5 x 30 mm non collés, assureront la liaison entre le piétement et les taquets.

Pour le fraisage,
Côté piètement. Ce dernier est retourné.

La domino s’appuie sur la table de travail + une cale d’environ 1mm. (Je n’utilise pas la table d’appuis avec la poignée).

La côte de fraisage est placée sur le réglage intermédiaire (+ 5 mm).

Les taquets eux sont fraisés à la côte précise avec le même appui, mais sans la cale d’environ 1 mm.

Il y aura donc un désaffleur de 1 mm.

Au vissage le plateau sera bien serré par les taquets.

Réalisation du plateau :

Pour le plateau, il me reste un plateau complet de 60mm et un de 30 vraiment fin.

Il faudra refendre ce bois. Je tenterais avec la circulaire. Des morceaux de 10 cm sont le maximum pour mon matériel.

Je déligne le bois nécessaire.

Je dégauchi une face, un chant, et rabote le deuxième chant pour l’ensemble des morceaux.

Je pourrais des lors, appuyer le rail de guidage, rabattre le tracé et retourné la pièce.

La lame fait 2,2 mm, le bois sort à 54 mm, je devrais pouvoir refendre à un peu moins de 26 mm.

Le plateau fera idéalement 25mm, plus raisonnablement surement 23-24 mm…

Cela marche plutôt bien. Il y a bien sur un petit escalier.

Tout serait parfait si je n’avais pas fait l’erreur de placer le rail à l’envers…

Me voilà avec un morceau de 24 « brut » et un de 28…celui de 28 après une cure d’amaigrissement rejoindra les autres.

En revanche il me faut remplacer le 24 brut.

Le petit plateau étroit de 30 me donne le bout manquant et les 8 taquets vu au-dessus.

Tout le monde passe à la raboteuse. A 24 mm tout le monde est passé au moins une fois.

J’arrête là et établit tout ce petite monde.

Les faces les plus piqués sont cachées.
Un des morceaux à un peu d’aubier et de flache, cette partie est placée au bord.
Un autre a un petit creux non raboté. Je l’avais repéré au rabotage, mais je ne suis pas aller le chercher.
Mon plateau aurait perdu 1 ou 2 mm, et ce bout fait plus de 80 cm, si je le place bien ce morceaux partira à la mise à format.

Je trace les signes conventionnels.

Maintenant il faut passer au dressage des joints…

Avant il faut encore traiter les deux morceaux à abouter. Le dressage du petit côté est fait à la scie circulaire.
Un domino de 8 fait la liaison.
Ils sont encollés.

Une fois la colle sèche, je peux dresser l’ensemble des joints.

Ma dégau est trop modeste, et mon expérience inexistante à cette exercice.

Je retiens la défonceuse pour ce travail. Je m’inspire du livre de B.Meyers pour traiter ce cas.

Confection de deux cales de positionnement, utilisation d’une fraise à copier de 16 mm; la seule dans ma collection capable d’usiner 25 mm de matière.
(Ma fraise de 19 se limitent à 19 mm, en l’écrivant je réalise qu’en plusieurs passe les 25mm aurait été atteint…en plusieurs passe (que j’ai faite avec la 16!))

Tout ce passe bien, sauf pour l’un des joints pour une des fixations lâchent. Je reprends le joints, mais cette fois la planche est trop fine pour être fixé solidement et permettre le passage de la semelle.
Je traite ce joint à la circulaire, en retournant un des bois pour annuler les défauts. C’est moins bon qu’a la défonceuse, mais acceptable quand même.

Des dominos de 5 x 30 renforceront les assemblages, un tous les 20 cm environ.

Le premier trou de chaque morceaux est fraisé juste (positionnement), les autres sont fraisés avec + 5 mm pour faciliter l’assemblage.

Pour le collage j’étrenne mes serre-joints à pompe.
Mes sangles et mes serre-joints standards me sont d’aucune utilité pour ce cas et j’ai dû me résoudre à prendre des gros serre-joints à pompe.

Je n’ai pas trouvé trop d’infos sur le collage des plateaux/panneaux, faut-il serrer fort, très très fort? Comment éviter le flambage?

J’essaye…on verra bien.

Ma douce m’accompagne, deux paires de bras ne sont pas de trop!

Un maillet en caoutchouc m’aide à engager chaque morceau.
Premier joint, bien.

Deuxième joint, avec une des aboutées.

Petit coup de maillet, le collage de l’aboutage lâche.
Nous remettons de la colle, et replaçons un serre-joint en long pour le serrage.
Ce n’est pas trop grave, si ce n’est que cela monopolise un des grands serre-joints.

Nous faisons attention pour les autres.

Mise en place des serre-joints, un à chaque bout et un tous les 30 cm environ.

Mise en place de 3 paires de tasseaux pour éviter le flambage.

Serrage du tout, serrage vraiment fort! (trop?)

Démoulage, c’est pas mal.

Il y a quand même quelques désaffleurs.

Il me reste un bout d’aubier, qui aurait dû partir à la mise à format, le souci sur l-un des joints ma fait perdre trop de matière.
L’aubier ne tombera pas en totalité!

Je décide de fraiser le côté caché du plateau, et insère un bout raboté à la place de l’aubier.
Collage, c’est pratiquement invisible.

Le plateau est poncé, pas facile d’être parfaitement lisse avec la rotoexentrique.
Au touché on sent quelques imperfections, difficile à montrer avec une règle.

Nous ponceront jusqu’à que cela soit insignifiant. Ce n’est pas parfait mais très acceptable.

Le dessous reçoit alors deux couches de vernis mat avec égrenage au P400 (des restes d’un projet carrosserie).

Le touché est soyeux, c’est encourageant.

Le piètement reçoit également deux couches.

Mise en place du plateau,

Le plateau est placé sur l’établit. Le piètement est placé par-dessus. Nous choisissons l’emplacement de telle manière à faire partir le maximum de défaut.

Une fois la position trouvé, le plateau est le piètement sont serré ensemble.

Les taquets et le plateau sont percés à 3 mm, des vis de 3 x 35 mm, prennent place. Le serrage est fait à la main.

Le plateau est solidement fixé.

Il faut procéder à l’affleurage.

Il y a 3-4 mm à enlever, et 5 cm sur un des côtés.

L’excèdent tombe avec la scie circulaire.

Une grande fraise à affleurer vient peaufiner.

J’ai d’abord pensé attaquer le bout en avalant un peu sur quelques centimètres, pour éviter les éclats de fin de passe.
Erreur, un éclat se produit, heureusement pas suffisamment profondément, et sur un côté pas encore affleuré.

Changement de stratégie avec mise en place d’un par éclat pour la sortie de passe.

Le fraisage se fait donc intégralement en opposition, les passes (petites) sont faites à main levée, au jugé et au bruit.
Des gros copeaux se détachent. Le roulement n’est appuyé qu’en finition.

Suivra une petite moulure à 45 sur le dessus, et sur les arrêtes tombantes; dans ce cas, le pied est refait afin d’éviter une éventuelle différence.
La petite feuillure de 3 mm ne gêne pas le roulement (souvenez-vous le moulurage des traverses et le trou de domino…).

Ponçage au 220 des parties extérieurs, y compris le piètement car le roulement a laissé une marque sur le vernis.
Il y a aussi une marque car le roulement est tombé dans le 45° du piètement entre traverses et pied.

Là je suis preneur de la solution, je ne peux pas affleurer avant fixation du plateau, et je ne peux pas mouluré ce petit 45° après collage du piètement.??

Une fois le ponçage satisfaisant (le vernis du piètement n’as semble-t-il pas été percé).

Trois couches de vernis terminent le projet.

Pendant ce temps mon petit menuisier en herbe réalise des projets 100% hêtre massif 🙂

Installation de la table à destination.

Elle joue un peu, une feuille de papier plier en quatre, cale le tout.

Nous laissons le vernis durcir, et avons hâtes d’y poser quelque chose.

Ce projet en apparence simple m’aura occupé pendant 4semaines, à raisons d’une à deux heures par session de travail (WE et quelques soirs de semaines).

Pour terminer, ce premier projet en bois massif, me laisse un sentiment de liberté!

Cette table est née à partir d’une tranche arbre, excepté le sciage du tronc, j’ai pu réalisé l’ensemble des opérations.

Une réflexion sur « De l’Arbre à L’objet, une table basse »

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